L'ÂGE D'OR DU KARATE AMERICAIN

                                                                            L'ÂGE D'OR DU KARATE AMERICAIN
Chers visiteurs, je n'ai malheureusement plus le temps de m'occuper de ce blog, ce entre mes occupations privées et professionnelles. Mais je gère aussi un site internet à l'adresse suivante http://martialartworld.e-monsite.com, dans lequel vous retrouverez les sujets suivants et bien d'autres.
Merci de votre visite.



INTRODUCTION


Chuck Norris (à gauche), en compagnie de Bob Wall (extrême droite)

Hello,

Etant passionné par l'époque du début du karaté américain, avec les Joe Lewis, Chuck Norris, Bill Wallace, Benny Urquidez, Allen Steen, Mike Stone, Bob Wall, etc., je voudrais ici faire un résumé de cette époque maintenant révolue, ou un bon comportement dans la vie comme sur le tatami était aussi important que la technique elle même.

C'est sûr, ça va être un peu long de tout énumérer, j'en ai pour des jours, peut être des mois, mais bon, quand on aime, le temps ne compte pas. J'ai travaillé à partir de différentes sources, bouquins, magazines, internet (les sites en anglais sont plus riches souvent), magazines, vidéos.

Tout comme en France, le jûdô et le jû jutsu ont longtemps occupé la scène martiale aux Etats Unis. L'arrivée du Karaté (suite à la Seconde Guerre mondiale et la présence de GI'S à Ôkinawa) du Taekwondô, ainsi que du Tang Soo Dô (par l'intermédiaire de Chuck Norris) suite aussi à la Guerre de Corée, sera alors massive.

LES DEBUTS DU KARATE AUX ETATS-UNIS


1. ROBERT TRIAS, LE PIONNIER

C'est Robert Trias (1923-1989), qui en 1945, ouvre le premier dôjô de karaté aux Etats-Unis, très exactement à Phoenix, Arizona. Ce fut réellement le pionnier du karaté aux USA, tout comme Henry Plée le sera pour la France dans les années 1950. Trias aura ouvert la porte aux Ed Parker (Kenpô karaté américain), Peter Urban (Gôjû Ryû américain), Richard Kim (Shôrinji Ryû)...
Par la suite, arriveront les Japonais, avec Nishiyama et Ôshima du
Karaté Shôtôkan Ryû, Takayuki Kubôta et son Gôsôku Ryû, Fumio Demura et ses armes d'Ôkinawa (ce dernier sera d'ailleurs la doublure du célèbre Maître Miyagi, dans Karaté Kid).
Il avait appris pendant la Seconde Guerre mondiale le style Shuri Ryu, avec Maître Gee Hsing, duquel Trias dira "avec lui, j'ai pris une vraie raclée" et fondera aux Etats Unis la USKA (United States Karate Association).
Il est fort probable que si Trias n'avait pas introduit le karaté aux Etats Unis, un autre l'aurait fait deux ou trois ans plus tard. Seulement, il est regrettable que Trias ait été critiqué aux States, notamment pour ses connaissances du lexique japonais semble-t-il très superficielles. Après tout, mieux vaut pratiquer correctement un art et en ignorer le lexique que l'inverse. Sans lui, les arts martiaux de frappe extrême orientaux seraient venus bien plus tard aux Etats Unis, et ça les Américains ne doivent pas l'oublier. Surtout, il aura réussi à populariser l'art dans l'ensemble des Etats Unis, à une époque où le catch et la boxe régnaient en maîtres aux Etats Unis. Il est fort possible d'ailleurs que Trias eut à relever certains défis face à ces types là.
En 1955, il crée la première compétition de karaté aux Etats Unis.

Voici les préceptes de vie au quotidien qu'avaient créés Robert Trias :

La connaissance correcte du karaté apporte la santé, la perfection spirituelle et mentale, la jouissance de la vie au maximum de ses capacités, avec la dévotion à Dieu, son pays et l'homme.

Le karaté n'est pas seulement basé sur les seules performances physiques, il va au-delà.

Le karaté ne doit être enseigné qu'à ceux dont on peut faire confiance en leur caratère moral.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 04 avril 2009 10:29

Modifié le mercredi 22 avril 2009 01:11

LES PREMIERES COMPETITIONS

                                                                                LES PREMIERES COMPETITIONS
Robert Trias, pionnier du karaté aux USA

2. LES PREMIERES COMPETITIONS

La première compétition de karaté a lieu en 1955, créée par Robert Trias. Je n'ai pas plus d'informations à ce sujet, le karaté était alors peu connu. Il faut attendre 1963 pour voir apparaître le premier Championnat du Monde de Karaté : le World Karate Tournament , à Chicago, touroi réunissant Américains, Japonais et Asiatiques.
Le premier vainqueur de ce championnat du monde sera Al Gene Caraulia. Depuis, Caraulia s'est converti au Kajukenbô, un système de combat hawaiien.

La même année, Allen Steen, un très bon compétiteur américain, crée la "Southwest Karate Championship". Mike Stone, alors Ceinture Marron, remporte le tournoi des Ceintures Noires, et Allen Steen le titre de Grand Champion. Il battra Mac Coy en finale.

1964 : Dans ce même tournoi, Allen Steen perd son titre en finale contre Keith See. La même année, c'est Edmund Parker, pionnier du kenpô américain, qui crée son premier tournoi, les International Karate Championship. Dans cette même compétition, Bruce Lee, alors connu seulement comme artiste martial, effectue la démonstration de son coup de poing à un pouce de distance : KO assuré !

Toujours en 1964, le coréen John Rhee inaugure le Us National Karate Championship. C'est Pat Burleson qui remporte le championnat. L'année suivante, c'est Mike Stone qui bat Walt Worthy.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 avril 2009 00:19

Modifié le dimanche 05 avril 2009 00:33

MIKE STONE

MIKE STONE
Mike Stone, le premier grand champion US

3. MIKE STONE

Incontestablement, Mike Stone fut le premier vrai champion de tournois de karaté aux Etats Unis. Physiquement très fort, musclé, souple, rapide, il ne perdra qu'un seul combat durant toute sa carrière, contre Allen Steen. Ce fut un combattant phénoménal.

Il naît le 29 juin 1943, sur l'île de Oatu, l'île principale de Hawaii. ll grandit dans une petite ville de 3000 personnes. Etant enfant, il excelle dans tous les sports : football, basket, athlétisme.

Stone débute les Arts Martiaux à 17 ans par l'Aikidô, puis le karaté durant son séjour dans l'armée US en Arkansas, avec le sergent Herberts Peters. Il va remporter en compétitions, plus de 90 victoires, et remporte des titres aussi bien au niveau technique que combat. Il s'entraîne aussi avec d'autres artistes martiaux, comme Bruce Lee et Chuck Norris.

Il fut nommé karatéka de l'année 1971 par le magazine américain Black Belt, et Instructeur de l'Année en 1994 par ce même magazine.

Il sera garde du corps d'un autre artiste martial... Elvis Presley (Ceinture Noire dans le Kenpô Américain de Ed Parker). Relativement discret, il partage son temps entre des séminaires dans le monde et sa famille aux Phillipines.

Mike Stone nous dit : "Dans les premières compétitions, beaucoup de coups étaient permis. J'utilisais le coup de tranchant intérieur de la main. Ils disaient que ça n'était pas valable. Tu parles que ça l'était ! J'en ai mis plus d'un KO comme ça... Il n'y a pas de secrets en arts martiaux. S'il y a, c'est l'entraînement. Si vous êtes bon dans les arts martiaux, ou dans n'importe quel domaine, l'important pour réussir est de rester concentré, focalisé sur ce que vous faites.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 avril 2009 00:34

Modifié le dimanche 05 avril 2009 01:24

ED PARKER, PIONNIER DU KENPO KARATE

 ED PARKER, PIONNIER DU KENPO KARATE
Ed Parker, l'autre grand pionnier du karaté aux USA avec Robert Trias


4. ED PARKER

Edmund Parker (1931-1990), naquit à Hawaii. Il étudie le kenpô sur l'île avec Franck et William Show, deux frère et maîtres de cet art martial. En 1953, il obtient alors sa Ceinture Noire. Il fut également Ceinture Noire de Jûdô.

Il ouvre sa première école à Provo, dans l'Utah, en 1954, puis une autre en 1956, Pasadena, Californie. Il va alors créer son système personnel, l' "American Kenpô Karate". En 1960, il fonde l'International Kenpô Karate Association (IKKA). Il sera le professeur de Elvis Presley, mais aussi de l'acteur et artiste martial Jeff Speakman (L'Arme Parfaite).


A propos de Presley, Ed. Parker assure que ce dernier méritait son Shôdan : "Il méritait vraiment ce grade. Ce n'était pas un grade honorifique. J'ai parcouru les Etats-Unis dans tous les sens, et j'ai vu beaucoup de ceintures noires. Croyez-moi si je vous dis qu'il l'avait bien méritée."


Techniquement, le style est influencé par les arts chinois, comme le témoigne le titre de son deuxième livre en 1963 "Les secrets du Karaté chinois". C'est un art essentiellement orienté vers l'auto-défense, très scientifique. Parker avait délaissé les côtés un peu ésotérique des arts martiaux extrêmes orientaux, comme le concept du ki, ce à tort ou à raison. Ce qui caractérise le système de Parker, est la rapidité des coups frappés, et les enchaînements nombreux, fluides, destinés à mettre hors de combat l'adversaire avec plus de certitude (contrairement à certains styles, où l'on enseigne qu'un seul coup suffit pour tuer). L'importance est aussi donnée aux axes de placements du corps. C'est un art véritablement scientifique et surtout concret. Homme d'intelligence, Ed Parker considérait non pas son art comme traditionnaliste, mais comme évolutif.

Comme tout pionnier de son art, Parker eut à relever plusieurs défis : "Il me semble que c'était hier que j'ai débuté mon aventure professionnelle en Karate. J'ai commencé à enseigner en 1954 dans un dôjô de l'Utah, à Provo, tout en donnant des cours de self-défense aux membres de la Police. Je suis parti m'installer à Pasadena en Californie, où j'ai ouvert ma propre école en septembre 56, sans aucune expérience préalable dans le domaine des affaires. J'étais tellement sûr de pouvoir y arriver, que maintenant, lorsque je me tourne vers mon passé, je me rends compte que mon ignorance m'a beaucoup aidé dans mon succès ! Si j'avais suivi les indications de mes conseillers financiers, je n'y serais jamais arrivé... Etant donné que le Karaté était pendant les années 50 presque inconnu, et que mon école était la seule à figurer sur les pages jaunes, beaucoup de combattants venaient me voir pour me défier. Je me souviens d'un type qui était venu me provoquer en se définissant comme un expert en Jujiti ! Il ne savait même pas prononcer correctement le mot Jû Jutsu. J'ai fait ce que j'ai pu pour éviter la confrontation, mais finalement, j'ai dû accepter le défi. J'ai feinté de la main droite, et lorsqu'il a essayé de saisir mon bras, j'ai frappé d'un bon coup de coude dans les côtes. Mon intention était de le laisser sans air, pas de lui casser les côtes.
Je me souviens d'un autre évènement avec un type qui voulait me démontrer qu'il était capable de bloquer n'importe quel coup dirigé vers sa tête ou vers son torse. J'essayai alors de le frapper à la tête, mais il réussit à bloquer mon coup. Ensuite, je lançai mon poing gauche, qu'il bloqua également. Je lui dis qu'il était vraiment compétent, et il s'enfla d'orgueil. Je lui demandai alors s'il pouvait bloquer une combinaison de gauche et droite, et il put le faire. Alors j'avouai qu'il y avait peu d'experts avec une telle adresse. Il était si fier que son visage brillait. Finalement, je lui demandai s'il pourrait bloquer une nouvelle combinaison de droite et de gauche. Il acquiesça avec confiance. Je lançai alors les deux poings simultanément. Il bloqua mong poing droit, mais le gauche l'atteignit au visage. Il ne s'attendait pas à ce que je lance les deux poings à la fois, ce à quoi moi je m'attendais justement. Voilà comment j'utilisais mon ingéniosité pour survivre pendant mes premières années de Karaté en Amérique.


Un des élèves les plus connus de Parker, est l'acteur américain Jeff Speakman, pratiquant authentique de Kenpô : "Le Kenpô doit permettre de développer les traits de caractère et les qualités qui contribuent au succès d'un individu : la confiance, la capacité à résoudre les problèmes, la logique, l'aptitude à percevoir ses propres faiblesses, et l'ambition de les surmonter. C'est également un système d'auto-défense très complet."

L'emblème du Kenpô Karate américain représente le Tigre (la Force brute, élementaire), et le Dragon (la Force mentale, spirituelle), deux concepts de force étudiés tout le long de la progression dans l'art du kenpô.

Ed Parker est l'auteur de plusieurs ouvrages abordant tous les aspects du kenpô (formes, techniques, combat, tactique, stratégie, auto défense, mental...)
Il est aussi célèbre pour avoir fondé en 1968 le "US Karate Tournament of Champions", opposant l'équipe d'Hawaii à l'équipe américaine. Pour les Etats Unis, les représentants étaient entre autre Mike Stone et Chuck Norris,mais aussi Allen Steen et Skipper Mullins.

C'est le Français Patrick Lombardo qui introduira l'American Kenpô Karate en France, et fondera plus tard le Kenpô Français.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 avril 2009 01:25

Modifié le dimanche 05 avril 2009 02:52

RETOUR SUR LES COMPETITIONS

RETOUR SUR LES COMPETITIONS
Allen Steen, reconnu comme l'un des plus grands combattants des années 60, et pionnier du Taekwondô au Texas


5. RETOUR SUR LES COMPETITIONS

Outre Mike Stone, les autres premiers grands champions de karaté américain furent Chuck Norris, Joe Lewis, Skipper Mullins, Allen Steen.

En 1966, aux International Karate Championships, Allen Steen se permet le luxe de battre Chuck Norris et Joe Lewis. Alleen Steen, un texan dur au mal, découvre le Tae Kwon Dô en 1959, un art martial coréen, dont il obtint la Ceinture Noire des mains de John Rhee. Steen remporte aussi la même année le "All American Grand Championship". Rappelons aussi qu'il est le seul combattant à avoir battu Mike Stone (encore Ceinture Marron toutefois à l'époque). [/align

En 1967, aux International Karate Championships, Chuck Norris bat Joe Lewis en finale. Mais ce dernier remporte l'Us National Karate Champion Ship de John Rhee. Le Henry Choe's Tournament voit triompher Norris.

1968 : Il se produit un tournoi intéressant, mettant aux prises les combattants américains aux combattants asiatiques. Ce tournoi, nommé "Orient vs Us Tournament" est organisé par Aaron Banks. Chuck Norris, Joe Lewis, Mike Stone et Tomas LaPuppet gagnent 4 des 6 combats. Lewis perdra contre Tanaka, pour coups non retenus. L'équipe américaine l'emportera, mais il est important de signaler, selon les dires de l'époque, l'attitude visiblement hostile du public envers l'équipe orientale.

La même année, Lewis bat Norris en finale du "Us National Karate Championship" de Allen Steen.

Voici ce que dit Chuck Norris dit à propos de Joe Lewis : Joe Lewis avait obtenu sa Ceinture Noire à Ôkinawa, en seulement sept mois de cours, tandis qu'il se trouvait dans le corps des Marines. Il avait toutes les qualités nécessaires pour être Champion du Monde : carrure, rapidité, puissance. Il avait compris instinctivement ce que les Japonais appellent kyô (la faiblesse), et était parvenu à contrôler ses adversaires en attaquant les points qui chez eux trahissaient la plus grande faiblesse, soit psychologique, soit physique... Alors qu'il n'était pas encore connu, je l'ai laissé s'entraîner avec nous dans mon dôjô à Torrance en Californie. Laisser Joe s'entraîner avec nous est probablement la plus grande erreur que j'ai commise. Parce que lorsqu'il est arrivé, il fut bientôt très difficile de marquer des points contre lui !... En 68, Joe m'a battu pour la seule et unique fois. Ce jour là, il m'a arraché la manche de mon kimono avant de me frapper du poing. Il détestait perdre. C'est le type de combattant qui ne respecte qu'une seule chose : la force."

Dans cette même compétition, Norris eut le nez cassé par Fred Wren, Texan excellant avec ses poings : "Dès les premiers moments du match, je feintai un coup de pied en bas avant de le porter à la tête de Fred. Toutefois, il para le coup. Tandis que mon pied se trouvait encore en l'air, je vis son poing m'arriver droit dans la figure. Il était impossible d'arrêter un coup pareil, aussi j'espérais qu'il n'aille pas jusqu'au bout. Puis je me trouvai brusquement allongé, le nez brisé. JIm Harrison, juge de touche, sauta sur le ring, attrapa mon nez, le tira vers lui... J'entendis mes os craquer : Jim me remettait le nez en place. Néanmoins, lorsque je fus de nouveau sur pied, je ne cherchai pas à me venger en le frappant au visage, mais je savais que lui continuerait de le faire. Je lui coupai le souffle d'un coup de poing à l'estomac. Je pris un point, et je le frappai pour la seconde fois à l'estomac. Il s'écroula, et le match fut terminé."

Rapidement, la presse spécialisée américaine va faire de Norris le bon combattant, souriant, chouchou du public, et de Lewis le combattant arrogant, vêtu de noir, détesté du public. Joe Lewis s'en souvient encore : "La presse avait fait de moi le mauvais combattant, et Norris le bon. Nous étions pourtant amis. Je suis allé m'entraîner chez lui, à Torrance. Je m'en souviens comme quelqu'un de très fort et très rapide. Dès que vous vous approchiez trop près de lui, il en profitait pour vous projeter. Avant qu'il ne devienne une star de cinéma, il eut après qu'il eut cessé la compétition, beaucoup de problèmes avec sa chaîne de dôjôs, il était endetté. Lors d'un déjeuner au restaurant tous les deux, il m'avait confié enseigner le karaté du matin au soir pour sauver ses dôjôs, et le soir, il s'endormait épuisé. Chuck est quelqu'un d'intègre et de courageux. Nous avons une grande amitié l'un pour l'autre."

La même année, Norris remporte le Long Beach International Karate Championships.

Avec Allen Steen, Mike Stone, Joe Lewis et Chuck Norris, on peut parler aussi d'un autre grand compétiteur de cet Âge d'Or, Skipper Mullins. Relativement longiligne, maigre, d'apparence chétive, Mullins n'en resta pas moins l'un des meilleurs. Il avait surtout une excellente technique de jambe, dûe à sa physionomie. En 1987, le magazine Black Belt le considère comme l'un des dix plus grands combattants américains de tous les temps : "Mon premier tournoi fut le Ed Parker International Championships, en août 1964. J'ai fait le voyage à Long Beach, avec deux camarades de classe. Ils étaient tous deux mariés et avaient des enfants. C'était mon premier grand voyage sans mes parents. J'y suis allé pour le voyage, je ne pensais pas gagner. Ce voyage et cette victoire m'ont mis sur la route pour le reste de ma vie. J'ai obtenu ma Ceinture Noire en 1966. Par la suite, j'ai eu des confrontations dans la rue, et j'ai encore toutes mes dents ! J'ai naturellement la volonté d'être le meilleur, tout comme Allen Steen, Chuck Norris, Mike Stone, Bill Wallace, Joe Lewis, Pat Burleson...Je me suis entraîné avec Norris, Lewis, Stone. Ce dernier était vraiment très rapide avec ses poings et ses pieds, il pouvait bloquer et contrer très rapidement, il a envoyé plus d'un homme au tapis. Bruce Lee a travaillé avec moi pendant les tournois, c'était un ami dont je conserve de bons souvenirs. Il était maigre, mais frappait comme une mule ! Mes combats avec Lewis tournaient toujours à l'avantage de Lewis. Il était plus lourd, et surtout, comme nous nous entraînions ensemble, il connaissait tout de moi. Chuck Norris est l'un des meilleurs amis que j'ai jamais eu."



[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 avril 2009 03:00

Modifié le lundi 06 avril 2009 09:20

LES COMPETITIONS DANS LES ANNEES 70

LES COMPETITIONS DANS LES ANNEES 70
Programme de présentation d'une compétition américaine de karaté


6. LES COMPETITIONS DANS LES ANNEES 70


Les années 70 vont voir s'élargir le karaté dans toute l'Amérique. L'art secret, mystérieux, s'étend à travers tout le pays.
Les compétitions, elles, continuent à dévoiler de nouveaux champions, et à en confirmer d'autres.

Chuck Norris met fin à sa carrière de compétiteur en 1970, en étant membre de l'équipe gagnante de l'US Team Championships à Long Beach. Son équipe était composée de lui-même comme entraîneur plus quatre Ceintures Noires. L'équipe de Norris n'avait encore perdu aucun combat à travers tout le pays !
Durant ce championnat à Long Beach, Californie, John Natividad, membre de l'équipe de Norris, était le combattant le moins expérimenté, et il devait affronter... Joe Lewis, le plus grand champion d'alors avec Norris, Mullins et Steen. Norris nous dit : Joe était un formidable adversaire pour n'importe qui... lorsque le combat commença, Joe fonça sur John comme une meute affamée, le frappant durement. Durant le break, je savais que John était en colère de ne pouvoir faire face, et je lui dis : "Tu ne peux lui fournir ta colère, c'est ce qu'il cherche, ou sinon tu perdras. La colère, c'est l'auto-défaite. Je veux que tu fasses la clareté dans ton esprit, que tu supprimes ta colère, et que tu te concentres sur le pourquoi tu es ici." J'ai vu la colère de John se dissipait dans ses yeux. "Tu as raison" me dit-il. "Il essaie de faire en sorte que je me détruise moi-même". Le mot final de l'histoire, est que John gagna le combat, parce qu'il avait laissé sa colère s'en aller.

Lewis en ce début des années 70, gagne les International Karate Championships de Ed Parker, Lewis va l'emporter en 70 et 74, mais perdra une nouvelle fois contre John Natividad en 71, et en 72 contre Daniell Garcia.

En 71, 73 et 74, c'est Bill Wallace, un nouveau champion, qui va se distinguer aux Us Karate Championships de Allen Steen. Il bat Skipper Mullins en 71, Roy Kurban en 73, et Flem Evans en 74. Puis, aux USKA Grand Nationals organisé par Robert Trias, qui rappelons le fut le pionnier du karaté aux USA, il va parvenir en finale en 1970 face à Victor Moore, l'emporter en 1972 en battant Joe Lewis, de nouveau en 73, avant de perdre en 74 contre Flem Evans.

Avant de revenir aux compétitions dans les années 70, parlons de Bill Wallace, surnommé "la jambe gauche la plus rapide du monde".
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 06 avril 2009 08:46

Modifié le lundi 06 avril 2009 09:20

BILL WALLACE

BILL WALLACE
Bill Wallace, Jeff Smith et Joe Lewis, trois grands champions du karaté US
nota : à la fin de ce blog, je mettrai plusieurs photos des différents champions et légendes de cette époque.


7. BILL WALLACE

Il m'était difficile d'éviter de faire un article sur Bill Wallace, que je considère comme l'un des meilleurs karatékas américains. Je ferais d'autres articles individuels sur Chuck Norris, Joe Lewis, Benny Urquidez, et le regretté Howard Jackson, ainsi que Katy Long (championne du monde de kick boxing).

Bill Wallace naît le 1er décembre 1945, à Portand, Indiana. Il s'initie alors à la lutte étant enfant.
Puis passant aux arts martiaux d'Extrême-Orient, il découvre tout d'abord le jûdô, puis le Karaté Shôrin Ryû lors de son service militaire en Corée, en 1966, dans l'U.S. Air Force.
Après son service militaire, en 1967, il s'initie au Karaté Gôjû Ryû aux Etats-Unis. Il s'initie aussi au Taekwondô, plus axé sur la self défense et le traditionnel aux Etats-Unis qu'en France (Taekwondô "olympique" essentiellement).
Sa pratique du jûdô sera stoppée par une vilaine blessure récurrente au genou droit : "Le jûdô de compétition bousille littérallement les genoux ! "dira-t-il plus tard. Néanmoins, cela va être un mal pour un bien, nous le verrons dans les lignes suivantes, preuve qu'il faut apprendre à transformer le négatif en positif.

Etudiant à la Ball State University, il va obtenir son baccalauréat en éducation physique en 1971. En 1976, il obtient le degré de maîtrise en kinésiologie à la Menphis State University.

Wallace va alors se mettre aux compétitions de karaté dans les années 70, et en gagner plusieurs, notamment les Us Karate Championships de Allen Steen, et le USKA Great National de Robert Trias.

Il se souvient encore : "Deux évènements que je n'oublierai jamais sont les deux combats que j'ai livré contre Joe Lewis... je me souviens m'être dit, si j'arrive à survivre, ce sera déjà une victoire.... J'ai réussi à le toucher aux côtes, mais juste après avoir été touché, il m'a placé au moins huit revers de poing ! Mais j'ai eu le point car j'avais marqué en premier."

En compétition, Bill ne mettra pas seulement KO ses adversaires avec ses remarquables techniques de jambes, mais aussi avec une technique de poing très puissante .

En 74, Wallace rejoint la PKA (Professionnel Karate Association). Les autres membres de cette association sont aussi Joe Lewis et Jeff Smith. Durant cette décennie 70, jusqu'en 85, la PKA va être l'organisation la plus en vue du monde du karaté contact. Bill Wallace va alors se retirer invaincu de cette organisation, en 1980. Son dernier combat sera livré face à Robert Biggs, à Anderson, Indiana. Surtout réputé pour sa technique de jambe côté gauche, qu'il avait surdéveloppée suite à sa blessure au genou droit, il mettra néamoins KO son adversaire... d'un coup de pied retourné de la jambe droite. La jambe gauche de Wallace a été contrôlée à 108km/H ! Il obtient vite le surnom de "Bill Superfoot Wallace", et a bien la jambe gauche la plus rapide du monde.

Dextérité, vitesse, puissance, ce champion toujours souriant fait des merveilles sur le ring. Il se retire alors de la PKA avec 23 combats pour 23 victoires. A noter qu'à 64 ans, Bill s'entraîne encore, et a toujours une souplesse légendaire et une technique de jambe ultra-rapide ! Le temps ne semble pas affecté ces gars-là, comme quoi le karaté bien compris peut faire des merveilles.

En 79, il apparaît dans le film "Force One" avec Norris, et en 2003 dans la série télévisée "Walker Texas Ranger", en compagnie de Chuck Norris, Joe Lewis, Howard Jackson, et Don Wilson. Il est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages et séries vidéos de Karate, (techniques de jambes, poings, blocages, rythmes, auto défense, condition physique, etc.) Il tourne aussi avec Jackie Chan dans "Protector".

Revenons sur la blessure de Wallace à son genou. Le fait d'être blessé au genou, fit qu'il développa une excellente technique de jambe gauche, qui au départ était sa jamble la plus faible. C'est Elvis Presley, alors pratiquant de Kenpô chez Ed. Parker, qui lui fera rencontrer un formidable acupuncteur, qui lui traitera son genou droit de façon miraculeuse. En effet, auparavant, Bill Wallace avait rencontré des kinés, des médecins, et aucun d'entre eux n'avaient réussi à soigner son genou. Elvis Presley et Bill Wallace devinrent bien sûr bons amis suite à cette aventure.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 06 avril 2009 09:28

Modifié le mardi 07 avril 2009 06:22